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| Tchad: Un odieux massacre au marché de « Igot » |
| Dans sa folie de mettre au pas les populations tchadiennes en général et celles de la région d’Iriba en particulier, M. Deby vient de franchir une autre étape de la répression dans sa détermination de conserver son pouvoir clanique à tout prix.
En effet, depuis le coup d’État manqué de mai 2004, M.Deby ne dort plus et il a la hantise d’être déboulonné par ses proches ou par ceux là mêmes qui se sont sacrifiés pour le porter au pouvoir en 1990 et que M. Deby les a trahi par la suite. Il y a deux mois, M. Deby décide d’installer une partie de sa garde nomade commandée par son cousin maternel, le bouillant criminel Mahamat Saleh Brahim ( qui s’est dit tantôt Bideyat tantôt Gourane selon le temps, le lieu ou l’interlocuteur) à Iriba (50 éléments) et à Bahai (50 éléments) dans le but de réprimer les populations paisibles, créer la psychose de la peur généralisée afin de les rendre amorphes face aux agissements criminels de M.Deby et leur couper toute envie de révolte face aux actes ignobles qui se font au nom des Zaghawa par une minorité honnie et amorale.
C’est dans ce contexte que le 19 janvier 2005 la garde nomade «débyenne» encercle le marché de «Igot», une localité située entre les villes d’Iriba et de Guéréda, pour intimider la population et la dépouiller de ses biens.
Une des garde tente d’arracher le manteau porté par un homme, mais ce dernier refuse de céder son bien. Alors, la garde lui tire une balle dans la tête du paisible citoyen sans arme et le tue sur le coup.
Devant cet affront, la population demande pourquoi les gardes viennent jusqu’au marché, arracher leurs biens et les assassiner comme des chiens?
Pour toute réponse, la garde présidentielle, forte de sa mission, tire sans hésiter sur la population sans défense. Le bilan est lourd : du côté de la
population, trois civils Zaghawa (un Naoura, un Naoura-Kéri et un Bigui) furent tués et plusieurs blessés dont certains gravement; de l’autre, une garde nomade tuée.
Il a fallu que,l’armée venue de Tiné s’intercale entre les éléments du général Mht Saleh Dellé - dit « plus petit que Deby mais plus grand que Faki» - fortement armées et les populations civiles munies des matraques et
des armes blanches. L’armée réussit à séparer les deux camps mais sans arrêter les coupables.
La population révoltée refuse d’accepter cette humiliation. La tension monte entre les hommes de M.Deby et la population. Les deux camps se regardent présentement en chiens de faïence. Pendant ce temps, à N’djamena, le clan au pouvoir parle de l’envoi d’une délégation dans la région.
Ce massacre interpelle les Tchadiens et en particuliers les Zaghawa qui croient toujours au régime de M.Deby. Peu importe que vous soyez du même groupe ethnique que M. Deby ou non, ce dernier n’hésiterait pas une seconde à nettoyer des tribus entières pour préserver son fauteuil.
Sachant que beaucoup des Tchadiens sont devenus «esclaves de l’argent»,
surtout les Zaghawa qui ont perdu leur dignité et leur fierté, ils vont se remettre une fois encore à M.Deby qui est le véritable instigateur de ces massacres pour trouver de solutions déjà connues : de retour de Taiwan, M. Deby va appeler comme à l’accoutumée ses pompiers les Moussa Haroun, Mahamat Ali Abdallah, Mahamat Saleh Kaya, Mahamat Ismail Chaibo et autres consorts pour divertir les populations en payant la Dia et recommencer à réprimer de
plus bel.
Aussi, n’est-il pas temps que les Zaghawa prennent conscience et cessent d’être les complices d’un régime clanique qui continue à les maintenir sous une loi d’exception?
N’est-il pas temps de refuser de cautionner un régime dictatorial qui tue au nom de la communauté Zaghawa sachant que beaucoup d’entre vous sont innocents?
Tchadiens, jusqu’où permettrions-nous qu’une infime minorité immorale des
individus assoiffés de sang et de pouvoir puisse continuer à tuer, à voler, à humilier, détruisant ainsi les valeurs morales de notre société?
Il n’est jamais trop tard de se ressaisir pour servir son pays dans la justice, la paix et le respect de la différence.
M. Amir Daoud
N’djamena - Tchad
Source: Onlinet - Alwihda
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